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La capitale économique ivoirienne a accueilli les 18 et 19 mai 2026 la 9e Conférence internationale du Réseau Africain des Autorités de Protection des Données Personnelles, un rendez-vous majeur consacré à la protection des données personnelles et à la régulation des technologies innovantes en Afrique.
Pendant deux jours, experts, autorités de régulation et représentants gouvernementaux venus de 24 pays africains ont échangé autour des défis posés par l’intelligence artificielle, la blockchain, la Fintech, la santé numérique et le commerce électronique. Objectif : construire une vision africaine commune capable d’encadrer le développement rapide des technologies numériques tout en protégeant les droits des citoyens.
Ouvrant les travaux, le ministre ivoirien de la Transition numérique et de l’Innovation technologique, Djibril Ouattara, a appelé à une régulation équilibrée des technologies innovantes. Selon lui, il est nécessaire de créer un cadre juridique protecteur sans freiner l’innovation ni la transformation numérique du continent.
Le président du Conseil de Régulation de l’Autorité de Régulation des Télécommunications/TIC de Côte d’Ivoire, Roger Félix Adom, a rappelé que la question des données personnelles touche directement à la vie privée, à la dignité et à la sécurité des populations africaines.
De son côté, le président du RAPDP, Adamou Hiro, a insisté sur la nécessité de renforcer la coopération entre les pays africains afin d’harmoniser les cadres réglementaires et garantir une véritable souveraineté numérique du continent.
Les panels ont notamment mis en évidence les risques liés aux biais algorithmiques, à la manipulation des données, à la cybercriminalité et à l’absence d’harmonisation des lois africaines face aux nouvelles technologies. Les participants ont également débattu de la protection des données dans les services financiers numériques, les plateformes de commerce électronique et les systèmes de santé connectés.
Au terme des échanges, un consensus s’est dégagé sur la nécessité pour l’Afrique de définir ses propres règles de gouvernance numérique afin de ne plus dépendre exclusivement des standards internationaux imposés de l’extérieur.
La Déclaration d’Abidjan sur la régulation des technologies innovantes pour la période 2026-2030, attendue à l’issue de l’Assemblée générale du RAPDP, devrait constituer une étape importante dans la construction d’une stratégie africaine de protection des données personnelles et de souveraineté numérique.
Loba Perez
