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Déguerpissements à Abidjan : le FPI dénonce une « crise humanitaire » et exige des comptes

ByÉquipe LeJourPile

Juin 15, 2026

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Le Front populaire ivoirien (FPI) est monté au créneau après les récentes opérations de déguerpissement menées dans plusieurs quartiers d’Abidjan. Dans une déclaration officielle, le parti présidé par Pascal Affi N’Guessan condamne des actions qu’il juge « inhumaines » et réclame des mesures urgentes en faveur des populations sinistrées.

Le FPI pointe notamment l’opération conduite le 2 juin 2026 dans le quartier Zimbabwe, à Vridi 3, dans la commune de Port-Bouët. Selon le parti, cette intervention du District autonome d’Abidjan a laissé plus de 40 000 personnes sans abri. L’opposition qualifie cette opération de « sauvage et inopportune », estimant qu’elle a été menée sans décision préalable du juge administratif.

Le parti rejette également les arguments avancés par les autorités, qui justifient cette action par la nécessité de protéger les populations exposées aux risques d’inondation. Selon le FPI, aucune solution de relogement n’a été proposée aux habitants affectés.

L’opposition s’est également inquiétée des démolitions intervenues le 3 juin à la cité Houphouët-Boigny, dite « Campement », dans la commune de Koumassi. Plus de 30 hectares d’habitations y ont été détruits dans le cadre d’une opération conduite par un opérateur privé, avec l’appui des forces de l’ordre.

Le FPI relève que le Procureur de la République a, par la suite, démenti l’existence d’une décision judiciaire autorisant cette opération. Le parti demande dès lors des explications sur le rôle joué par les forces de sécurité et réclame que toute la lumière soit faite sur les circonstances de cette intervention.

Face à ce qu’il qualifie de double crise humanitaire, le Front populaire ivoirien appelle les autorités à mettre en place un plan d’urgence de relocalisation des populations concernées, à indemniser les victimes et à diligenter une enquête indépendante afin d’établir les responsabilités.

Le parti demande enfin des clarifications sur les conditions d’acquisition des 34 hectares concernés par l’opération de Koumassi, estimant que la transparence doit prévaloir dans la gestion de ce dossier sensible.

Sonia Coulibaly