• jeu. Sep 24th, 2026

Santé : à Abidjan, l’autosoin veut trouver sa place dans les politiques publiques

ByÉquipe LeJourPile

Sep 24, 2026

👁 7,308 vues

 

Face au manque de personnel soignant et aux difficultés d’accès aux soins, la Côte d’Ivoire veut donner davantage de place à l’autosoin. Un atelier organisé mercredi 23 septembre à Abidjan a lancé la réflexion autour d’un Hub francophone ouest-africain destiné à accompagner l’intégration de cette approche dans les politiques de santé.

L’atelier a été co-organisé par l’Agence pour le développement du marketing social (ADEMAS) et l’Agence ivoirienne de marketing social (AIMAS).

L’objectif : mieux structurer une pratique déjà présente dans le quotidien des populations et déterminer les conditions de son développement dans un cadre sécurisé.

Un contexte sanitaire sous pression

L’urgence est mondiale. Les chiffres présentés lors de la rencontre font état d’un déficit potentiel de 18 millions d’agents de santé à l’horizon 2030. Dans le même temps, 400 millions de personnes n’auraient toujours pas accès aux soins essentiels, tandis que les dépenses médicales directes feraient basculer chaque année 100 millions de personnes dans la pauvreté.

Face à cette pression, l’Organisation mondiale de la Santé encourage l’autosoin, notamment dans le domaine de la santé sexuelle et reproductive.

Le concept désigne la capacité des individus à agir pour leur santé et à prévenir certaines maladies, avec ou sans l’appui direct d’un professionnel.

Un Hub francophone à Abidjan

Selon Serigne Cheikh Guey, responsable du suivi-évaluation de l’ADEMAS, l’autosoin repose notamment sur trois axes : l’auto-prise en charge, l’auto-dépistage et la prise de conscience de soi.

L’initiative s’appuie sur le Self-Care Trailblazer Group (SCTG), réseau mondial qui revendique plus de 1 400 membres. La communauté francophone ne représente actuellement que 13 % de ce réseau.

Le futur Hub francophone ouest-africain, qui sera hébergé par l’ADEMAS, doit contribuer à renforcer cette représentation et à favoriser les partenariats régionaux.

Pour Cheikh Saad Bou Sarr, directeur exécutif de l’ADEMAS, l’atelier d’Abidjan doit notamment permettre de présenter les opportunités offertes par ce Hub aux autorités ivoiriennes et de définir une feuille de route nationale.

Vers un cadre réglementaire

Pour Lazare Goussou Koudou, directeur exécutif de l’AIMAS, l’autosoin peut aider les populations à mieux prendre en charge certains gestes de santé, tout en contribuant à réduire les dépenses des ménages et la pression sur les établissements sanitaires.

Mais son développement suppose également des règles claires.

Les organisateurs plaident ainsi pour la mise en place rapide d’un cadre réglementaire capable de sécuriser et d’encadrer ces pratiques.

L’objectif affiché est de faire de l’autosoin un outil complémentaire du système sanitaire ivoirien, sans remettre en cause le rôle indispensable des professionnels de santé.

Loba Christo